2. Mais t’es né quand exactement ?

14 Nov

Pour nous, la date de naissance, c’est simple : un jour, un lieu, une heure. Quand t’es né au Maroc avant 1960, c’est un peu plus complexe…

Mes quatre grand-parents sont nés dans la région de Tafraout (pour ceux qui ignorent où ce village archi connu se trouve, c’est à 170 km au sud d’Agadir, perché dans les montagnes de l’anti-Atlas). Ils savent parfaitement qu’ils sont nés dans leurs maisons de famille, qui leur a coupé le cordon ombilical, quelle femme a aidé leur mère à accoucher, et à quelle période (saison, moment de la récolte, conditions climatiques particulières, heure de prière…), mais pour avoir plus de précisions, c’est peine perdue : il n’y avait pas d’état civil à cette époque dans ces contrées lointaines. Cela m’a d’ailleurs valu une humiliation totale en CE2 quand la maîtresse nous a demandé de faire notre arbre généalogique : “Leila n’a rien compris au devoir demandé. Elle n’a mis aucune date de naissance ou de décès”…

Ce n’est que vers l’âge de 10 ans que les autorités françaises ont débarqué dans leurs villages pour leur donner une date de naissance approximative : “toi, t’as une tête à être né en 1935. Pour toi, je dirais plutôt 1920 et toi là-bas, t’es plus costaud, alors disons 1921”. Mais bon, pour le jour de naissance, l’administration n’avait pas trop de suite dans les idées : mes grands-parents, comme plein d’autres indigènes de la région, sont tous nés un 1er janvier.

Le petit Mohamed, mon père, est né en 1955 à Casablanca (notez l’ascension géographique sur 3 générations : Tafraout, entre montagne et plaine > Casablanca, entre médina et Atlantique > Seine-Saint-Denis, entre le périph’ et la A86).

Lorsque son père est allé l’inscrire à l’état civil de Casa, tout s’est passé comme une lettre à la poste, sauf que là, on parle de poste marocaine…

En 1986, après plus de 10 ans de présence sur le territoire français, des heures à faire la queue dès 4h du matin devant la préfecture de Bobigny, un mariage et deux enfants plus tard, mon père demande la nationalité française à 31 ans.

Ce qui devait être son French Dream s’est transformé en Moroccan Nightmare quand il a compris que l’officier d’état civil marocain s’était tout simplement gourré à sa naissance : il a écrit 24/11/1955 sur le livret de famille et 24/12/1955 sur le registre d’état civil.

Finalement, grâce à un juge marocain qui a tranché que la fausse date de naissance de mon père serait désormais celle à utiliser, mon père a enfin pu déposer son dossier de naturalisation et devenir Français.

En réalité, il est né le même soir que Jésus (quand on nous fait croire que les musulmans rejettent les chrétiens…) et c’est pour ça qu’il a un destin incroyable !

A défaut de connaître la date de naissance de mon grand-père, je connais la maison et le village où il a vu le jour

Tafraout : à défaut de connaître la date de naissance de mon grand-père, je connais le village où il a vu le jour et dans lequel il repose désormais, sagement sous un arganier

1. Nos ancêtres les Gaulois

13 Nov

Cette semaine, j’étais en famille, avec mes parents et mon frère.

J’adore ces moments de tranquillité où chacun trouve naturellement sa place : mon frère en clown-vanneur, moi en bavarde de service, et nos parents, admiratifs devant les chefs d’oeuvre de leur vie : leurs deux enfants.

Dans la cuisine, je raconte à mes parents mon projet de chroniques, de narration, de récit… C’est un peu flou pour eux, alors je regarde mon père et je lui dis : “Papa, je vais écrire un livre sur toi. Tu sais, des petits articles que je vais mettre sur mon blog. Chaque article va raconter une petite anecdote de ta vie, un morceau de ton histoire d’immigré. Et comme tu étais boulanger-pâtissier, les chroniques s’appelleront Le pain des Français”. Ben oui, mon daron n’a pas attendu Sarkozy pour faire des baguettes pour nos ancêtres les Gaulois.

Il est un peu surpris, il ne dit rien, mais opine du chef.

Ma mère lui coupe la parole direct : “Alors ça, c’est une su-per i-dée ! Ton père va être ému que tu racontes sa vie dans ton livre (oui, ma mère croit que j’ai gagné le Goncourt…) ! Bravooooo ma fille, on est fiers de toi, vraiment !!!”

Mon père rebondit en disant : “Moi je trouve que ton titre est marrant, c’est tellement vrai ce truc du pain des Français, j’y avais jamais pensé… et puis c’est vrai j’ai plein d’histoires à raconter…” Je le sens un peu touché : lèvres figées, visage coincé et yeux un peu mouillés.

J’essaie de poursuivre la conversation, mais je suis tellement touchée moi-même que je plonge dans ses bras pour y chialer 30 secondes, pendant que ma mère me tient les mains et mon frère m’ébouriffe les cheveux en se foutant de ma gueule.

Bienvenue dans ma famille, bienvenue dans les chroniques.

Mon père, ses pâtisseries et son sourire légendaire

Mon père, ses pâtisseries et son sourire légendaire

Le pain des Français : chroniques d’un immigré (pas) comme les autres

11 Nov

willy-ronis-1952

Quand j’étais petite, je ne comprenais pas pourquoi on utilisait souvent cette expression merdique : “Vous mangez le pain des Français”.

Déjà, je trouvais qu’elle n’avait aucun sens, puisqu’on était Français nous-mêmes, mais surtout qu’elle était complètement fausse : c’étaient les Français qui mangeaient notre pain ! (lisez la fin de l’article avant de faire la gueule !!)

Cela fait un moment que je veux parler de cette mémoire, des déracinés, de cette vie d’immigration, de la transmission, de l’intégration, de ces personnes qui quittent leur pays pour avoir une vie meilleure, de leurs enfants, de leurs pays.

J’ai décidé de donner la parole à un de ces silencieux de l’immigration, de raconter son histoire d’immigré, à la fois banale et exceptionnelle, lointaine et si proche, bouleversante et drôle.

Après tout, cet immigré là, je le connais bien et cela fait des années qu’il me raconte les épisodes incroyables de sa vie. En plus, ce mec est un véritable héros : non seulement il ne volait le pain de personne, mais en plus il le fabriquait pour les autres !

Le héros de mes chroniques à venir, Le pain des Français, est immigré, Français, simple, Casablancais, drôle, Parisien, juste, Marocain, tolérant et unique.

Ce héros, c’est Mohamed, il est boulanger-pâtissier et c’est mon père.

Vous avez dit raciste ?

8 Mai

devise-de-la-france

Suite à la pétition que j’ai lancée, demandant des sanctions contre Robert Ménard et son comptage des enfants musulmans de Béziers, j’ai reçu beaucoup de messages de soutien et d’encouragement, mais également de nombreuses menaces et insultes racistes sur mon blog.

Aussi, avec un groupe d’amis, nous avons décidé de réagir en lançant « Vous avez dit raciste » un livre d’or en ligne et collaboratif regroupant les perles des commentaires intolérants et racistes. Notre but est de dénoncer l’absurdité du racisme ordinaire et les clichés que certains Français peuvent avoir à l’égard d’autres Français.

N’hésitez pas à partager (par mail aussi : parolesderacistes@gmail.com) les contenus xénophobes et intolérants que vous avez vus sur le web ou entendus (citation, photo, copie d’écran…).

Voici quelques perles :

  • moi c’est quand je verrai les musulmanes faire du VELO, cheveux au vent et bras nus -quel délice de sensations INTERDITES- que je serai « joyeuse » …..
  • Vous participez à la destruction de La Civilisation Occidentale, oui, nous allons disparaître comme ont disparu, sombré les civilisations Grecques, Romaines et bien d’autres.
  •  “La France aux français ! Ceux qui ne s’y plaisent pas peuvent retourner chez eux”
  •  “Vous vous dites Française et vous ne connaissez pas Charles Martel ? Il faudrait alors apprendre l’Histoire de France.”

Malgré ces quelques dérapages, la France est belle, elle est unique, grande et doit rester une terre de tolérance.

Merci !

Leila

Fichage des enfants supposés musulmans à Béziers : la justice doit sanctionner cet acte illégal

5 Mai

Hier soir, Robert Ménard, Maire de Béziers, a révélé l’existence d’un fichier recensant les enfants supposés musulmans scolarisés dans sa ville, fichier qu’il a fait réaliser par son équipe.

« Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de vous dire que le maire a les noms, classe par classe, des enfants. Je sais que je n’ai pas le droit, mais on le fait. » a-t-il déclaré sur France 2.

Ce que fait Robert Ménard est non seulement une rupture avec les valeurs de la République, mais en plus, c’est illégal.

En France, les statistiques ethniques sont interdites par la loi du 6 janvier 1978*.

Je suis outrée, sidérée et choquée en tant que citoyenne française qui voit que notre droit est piétiné par des élus de la République, qui osent s’en vanter sur des plateaux de télévision.

Mais où-va-t-on ?

Ficher les gens en fonction de leur religion, cela ne vous rappelle rien ? Que compte faire la mairie de ce fichier ? On est en droit de se demander quelle sera la prochaine étape dans ce comptage organisé des enfants musulmans de Béziers. A quand les croissants sur les cartes d’identité des petits Biterrois ? Cela prouve une fois de plus que quand les élus qui défendent les valeurs de l’extrême droite prennent des mairies, ils rompent le pacte républicain.

Qui fait ces comptages ? Les professeurs ? L’Etat civil de la Mairie ?

Ce fichage doit cesser immédiatement et ses responsables doivent être sanctionnés par la loi.

Le procureur de Béziers vient d’ouvrir une enquête préliminaire sur ce fichage. Je lui demande de faire toute la lumière sur ce qui s’est passé et de faire respecter les lois de notre République en sanctionnant cet acte illégal. 

* -« il est interdit de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques, les options philosophiques, politiques ou religieuses, ou l’appartenance syndicale des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle de celles-ci ». 

Mobilisez-vous en signant la pétition pour mettre fin aux dérapages du Maire de Béziers https://www.change.org/p/fichage-des-enfants-musulmans-%C3%A0-b%C3%A9ziers-la-justice-doit-sanctionner-cet-acte-ill%C3%A9gal-m%C3%A9nard

Tafraout, les montagnes de l’Atlas et moi

30 Nov

En septembre, je suis allée à Tafraout, dans l’anti-Atlas marocain, pour un voyage berbère à travers le temps et les générations. Mes grands-parents avaient quitté leur petit village de l’Atlas pour Casablanca, mes parents avaient quitté Casablanca pour Paris, et je fais le trajet retour, en hommage à cette diaspora de vadrouilleurs.

Après 5 ans d’absence, je suis retournée dans la vallée d’Ameln, terre natale de mes ancêtres, pour me rapprocher d’eux et de leur simplicité. Rien n’a changé, les petites vieilles se rendent toujours au souk du mercredi, les arganiers centenaires sont fièrement dressés et les tagines sont agrémentés d’un œuf (comble du chic à Tafraout !).

Cette vallée magique sait suspendre le temps, séduire les étrangers de passage et reconquérir ses enfants perdus.

Malgré tous mes efforts pour raconter l’atmosphère unique et humble de cette région, je n’y parviens pas.
Je partage donc ces quelques images avec vous, une partie de mon histoire, de mes origines et surtout pour rendre hommage à ma famille, à mes grands pères, Ahmed et Abed, ces aventuriers courageux de l’immigration.

IMG_4765

IMG_4773

IMG_4815

IMG_4825

IMG_4875

IMG_4845

IMG_4913

IMG_4943

IMG_4952

IMG_4956

IMG_5006

IMG_5023

IMG_5008

IMG_5044

IMG_5045

IMG_4937

IMG_4918

IMG_4848

IMG_5046

Paris danse en images

4 Juil

Voici bien longtemps que je ne me suis pas posée pour écrire un petit billet sur mon blog, alors c’est parti, et cette fois en images.

J’ai découvert, via des amis d’amis qui ont des amis, Alix, un photographe de talent qui capte à la perfection les émotions, les mouvements, bref, le petit truc qui rend une photo unique.

Il a une sensibilité très urbaine et excelle particulièrement sur les photos street dance, notamment avec son projet « Dance 4 Me », qui met en avant les danseurs dans la ville.

A l’origine informaticien, je me suis demandé comment un ancien geek pouvait avoir une fibre aussi « artistique »…

Réponse simple : Alix est un créateur, un véritable artiste dans l’âme. Il a toujours voulu « raconter une histoire », avec d’abord l’écriture, puis le dessin, pour enchainer sur la danse… C’est donc tout naturellement qu’il s’est orienté vers la photo, pour sublimer les personnages et écrire son histoire à sa façon, en images.

Entouré d’amis danseurs, il a régulièrement l’occasion de capter ces moments qui rendent son travail unique.

Je vous laisse profiter de quelques unes de ses photos (pour en savoir plus www.alx-book.com)

Crédits photos : AlX Photography

_DSC4801

_ALX9586

_ALX8203

_ALX7872

_ALX4378

_ALX3436

_ALX2860

_ALX1067_2

_ALX0781

Istanbul, la ville envoûtante

7 Fév

IMG_3442

Istanbul n’est pas une ville, c’est un style de vie.

C’est un lieu d’histoires, de religions, de civilisations, de cultures, bref, Istanbul, c’est le brassage.

Bercée par le Bosphore et la mer Marmara, Istanbul l’orientalo-occidentale a du mal à choisir entre l’Europe et l’Asie et tous ses habitants sont coincés dans cette douce et belle schizophrénie.

Cette ville du passé et tournée vers le futur ne cesse de surprendre ses visiteurs par ses contrastes. Il n’est pas rare de croiser une femme en niqab faire la queue chez McDonald’s, un groupe de hipsters bières à la main près d’une mosquée ou un vendeur de bracelets regarder un film sur son ipad au cœur du Grand Bazar.

Istanbul est jeune, vieille, métissée, conservatrice, libérale, antique, moderne, musulmane et laïque. Les Stambouliotes, eux, ont fait leur choix : ils vivent leur ville.

Cette ouverture et ce mélange, sont la richesse de cette ville unique et envoutante dans lequel le temps n’a plus de place.

Istanbul est un coin magique, il faut le voir pour le croire.

IMG_3445

 

IMG_3457

 

IMG_3576

 

IMG_3506

 

IMG_3481

 

IMG_3450

 

IMG_3615

 

IMG_3604

 

Leila Ajig

 

Les quartiers de Paris en « clichés » !

12 Nov
Cliché-Sur-Seine de Simon Sek

Cliché-Sur-Seine de Simon Sek

Depuis quelques mois, les parisiens de réapproprient leur ville et leurs quartiers en images. On voit apparaître des adorateurs du 11ème (j’en connais un qui pense qu’il s’agit même d’une nation), des fans du quartier latin et des inconditionnels des Grands Boulevards. Chacun veut laisser sa petite marque et les arrondissements de l’ouest se ringardisent face à un est parisien qui revendique sa différence et son ambition culturelle.

Cette tendance se traduit aussi dans des créations aussi originales les unes que les autres.

Je suis tombée il y a 3 mois sur la carte de vœux 2013 de l’agence Havas Worldwide qui montre à la perfection la diversité des quartiers de Paris.

Voici également une série d’illustrations originales de Simon Sek, Cliché sur Seine  qui met en avant les particularités des arrondissements de Paris.

Cliché-Sur-Seine de Simon Sek

Cliché-Sur-Seine de Simon Sek

Leila Ajig

« Touche pas à ma pute » : le manifeste des 343 salauds

30 Oct
Photo : terrafemina.org

Photo : terrafemina.org

En plein débat autour de la proposition sur la pénalisation des clients de la prostitution, le magazine Causeur va publier la semaine prochaine une pétition signée par 343 personnalités masculines (dont Frédéric Beigbeder, Eric Zemmour, Nicolas Bedos et Ivan Rioufol) qui clament leur « droit de jouir ».
Je ne sais toujours pas quoi penser de cette pénalisation et si elle est réaliste dans les faits.

Les féministes prennent souvent l’exemple de la Suède où la prostitution est interdite et la répression sévère sur le sujet. Pour y avoir vécu un certain nombre d’années, la prostitution en Suède n’a pas disparu, elle a juste évolué et devient plus difficile à traquer (prostitution dans les restaurants chics et discothèques, dames de compagnie avec sites web hébergés en Ukraine, salons de massages asiatiques douteux dans chaque quartier, colocations de jeunes demoiselles des pays de l’Est dans des appartements de Stockholm…) et les consommateurs n’hésitent plus à voyager pour être satisfaits sexuellement. L’hypocrisie n’a pas de limite, même au pays de la transparence absolue.

Les 343 salauds se permettent une comparaison malheureuse avec le manifeste de 1971 des 343 salopes qui avait créé une réelle polémique autour de l’avortement. Ces femmes pionnières ont été courageuses, montré qu’elles ne voulaient plus être victimes de leur corps, prendre des risques pour une pratique criminelle à l’époque. Les salauds de 2013 ne sont pas aussi courageux (certains on signé le manifeste sans pour autant avouer qu’ils ont ou ont eu recours à la prostitution) mais veulent défendre leur droit au plaisir et à la volupté.

Pour autant, ils reconnaissent être contre les rapports forcés et la violence que certaines femmes subissent. Je me demande si avant le rapport sexuel ils demandent aux prostituées si elles se sentent bien, heureuses, sans dettes et fières de se mettre à genoux devant des inconnus pour quelques dizaines d’euros. Dans leur quête de plaisir, certains hommes oublient qu’ils louent un corps ou un morceau de corps, comme on loue un vélib ou un transat sur la plage. Ce n’est pas parce qu’une prostituée accepte un billet de 50 euros pour un rapport qu’elle en est pour autant satisfaite. L’argent ne peut pas tout laver. Les clients doivent au moins avoir la lucidité de reconnaître qu’ils participent au commerce du corps humain en France.

De l’autre coté, les féministes manquent de pédagogie et de nuance dans leur propos concernant la prostitution. Non, les hommes qui ont recours à la prostitution de sont pas tous des criminels. Non, tous les prostitués ne sont pas des victimes. Peut-on mettre sur le même plan une escort de luxe, une prostituée chinoise quinquagénaire de Belleville, un jeune garçon ivoirien ou une étudiante qui se prostitue occasionnellement pour payer son loyer ?

Le système prostituteur évoqué par les féministes, ou plaisir et la liberté sexuelle défendus par les clients de la prostitution ne sont que des déformations de la réalité. La question de la prostitution est bien plus complexe que cela. Il convient de ne pas être puritain en glissant vers la répression morale, mais il est primordial de protéger les êtres humains contraint de vendre leur corps à la satisfaction masculine.

Leila Ajig

%d blogueurs aiment cette page :