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1. Nos ancêtres les Gaulois

13 Nov

Cette semaine, j’étais en famille, avec mes parents et mon frère.

J’adore ces moments de tranquillité où chacun trouve naturellement sa place : mon frère en clown-vanneur, moi en bavarde de service, et nos parents, admiratifs devant les chefs d’oeuvre de leur vie : leurs deux enfants.

Dans la cuisine, je raconte à mes parents mon projet de chroniques, de narration, de récit… C’est un peu flou pour eux, alors je regarde mon père et je lui dis : “Papa, je vais écrire un livre sur toi. Tu sais, des petits articles que je vais mettre sur mon blog. Chaque article va raconter une petite anecdote de ta vie, un morceau de ton histoire d’immigré. Et comme tu étais boulanger-pâtissier, les chroniques s’appelleront Le pain des Français”. Ben oui, mon daron n’a pas attendu Sarkozy pour faire des baguettes pour nos ancêtres les Gaulois.

Il est un peu surpris, il ne dit rien, mais opine du chef.

Ma mère lui coupe la parole direct : “Alors ça, c’est une su-per i-dée ! Ton père va être ému que tu racontes sa vie dans ton livre (oui, ma mère croit que j’ai gagné le Goncourt…) ! Bravooooo ma fille, on est fiers de toi, vraiment !!!”

Mon père rebondit en disant : “Moi je trouve que ton titre est marrant, c’est tellement vrai ce truc du pain des Français, j’y avais jamais pensé… et puis c’est vrai j’ai plein d’histoires à raconter…” Je le sens un peu touché : lèvres figées, visage coincé et yeux un peu mouillés.

J’essaie de poursuivre la conversation, mais je suis tellement touchée moi-même que je plonge dans ses bras pour y chialer 30 secondes, pendant que ma mère me tient les mains et mon frère m’ébouriffe les cheveux en se foutant de ma gueule.

Bienvenue dans ma famille, bienvenue dans les chroniques.

Mon père, ses pâtisseries et son sourire légendaire

Mon père, ses pâtisseries et son sourire légendaire

Tafraout, les montagnes de l’Atlas et moi

30 Nov

En septembre, je suis allée à Tafraout, dans l’anti-Atlas marocain, pour un voyage berbère à travers le temps et les générations. Mes grands-parents avaient quitté leur petit village de l’Atlas pour Casablanca, mes parents avaient quitté Casablanca pour Paris, et je fais le trajet retour, en hommage à cette diaspora de vadrouilleurs.

Après 5 ans d’absence, je suis retournée dans la vallée d’Ameln, terre natale de mes ancêtres, pour me rapprocher d’eux et de leur simplicité. Rien n’a changé, les petites vieilles se rendent toujours au souk du mercredi, les arganiers centenaires sont fièrement dressés et les tagines sont agrémentés d’un œuf (comble du chic à Tafraout !).

Cette vallée magique sait suspendre le temps, séduire les étrangers de passage et reconquérir ses enfants perdus.

Malgré tous mes efforts pour raconter l’atmosphère unique et humble de cette région, je n’y parviens pas.
Je partage donc ces quelques images avec vous, une partie de mon histoire, de mes origines et surtout pour rendre hommage à ma famille, à mes grands pères, Ahmed et Abed, ces aventuriers courageux de l’immigration.

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Chiffre du jour : neuf enfants d’immigrés sur dix se sentent Français

10 Oct

Pour la première fois, l’Insee publie une étude sur les immigrés et leurs enfants. On se penche enfin sur cette tranche de la population française dont je fais partie: les Français issus de l’immigration…

Jusque là, pas de grande surprise, on découvre par exemple que nos résultats scolaires sont en amélioration mais qu’en matière d’emploi, le plafond de verre subsiste.

Mais le chiffre qui m’a le plus marquée est celui des 90% des enfants nés de parents immigrés qui se sentent Français. Voilà un chiffre qui vient mettre un peu d’ordre dans un océan de fantasmes (intégration, appartenance à la nation et  partage des valeurs qui seraient moindre chez les enfants d’immigrés). Alors oui,  nous sommes (aussi) Français,  donc nous nous sentons français.

Cependant petit bémol : 27 % des Français nés de parents immigrés se disent victimes de discriminations, soit autant que leurs parents qui ne sont pas nés en France…

Je comprends ce sentiment : être Française, mais de ne pas jouer dans la même cour que les Français qui ne sont pas issus de l’immigration…

Pour illustrer mon propos, voici quelques commentaires (qui correspondent aux paroles que l’on entend tous les jours) sur l’article du Parisien (Neuf enfants d’immigrés sur dix se sentent français).

Sympa non ?

J’ai beau être Française, je ne me remets pas de ces commentaires où la suspicion règne.

Leila Ajig

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